Mise au point d’un test rapide et peu coûteux pour le diagnostic de sous-types de lymphomes

geflluc rouen diagnostic de sous-types de lymphomesDes chercheurs de Rouen ont mis au point un test simple et peu coûteux pour le diagnostic différentiel des lymphomes B diffus à grandes cellules, selon des travaux publiés dans le Journal of Molecular Diagnostics.

Les lymphomes B diffus à grandes cellules qui touchent entre 3.000 et 4.000 patients chaque année en France sont les lymphomes non hodgkiniens les plus fréquents. Ils regroupent principalement deux sous-types de présentations cliniques identiques mais de pronostics significativement différents.

Les sous-types ABC (activated B-cell like subtypes) et GCB (germinal center B-cell like) ne peuvent être différenciés sur des critères morphologiques classiques au moment du diagnostic, ce qui gêne le développement de thérapies ciblées.

Les techniques d’analyse globale des profils d’expression génique de type microarray, méthode de référence actuellement pour différencier ces sous-types, « restent difficilement transposables au diagnostic de routine et les approches alternatives de type immunohistochimie qui ont jusqu’alors été proposées sont peu fiables », explique le Dr Philippe Ruminy du Centre Henri-Becquerel à Rouen et de l’unité Inserm U918 dans un communiqué du centre de lutte contre le cancer (CLCC).

Le chercheur et ses collègues ont développé un test permettant de différencier les sous-types GCB et ABC « de façon fiable, simple, rapide et très peu coûteuse ». Il utilise la RT-MLPA pour évaluer l’expression de 14 gènes sélectionnés et cela donne un résultat en moins de 24 heures, pour un coût de réactifs de moins de 5 euros par échantillon.

Ce test peut être réalisé avec du matériel standard déjà présent dans la plupart des laboratoires de biologie moléculaire de routine.

Les chercheurs l’ont validé sur plus de 250 échantillons tumoraux de lymphomes B provenant de plusieurs séries de patients suivis au CLCC de Rouen et de patients inclus dans les protocoles d’essais cliniques du groupe coopérateur LYSA (Lymphoma Study Association), avec un taux de 93%.

Les chercheurs ont pu également montrer que cette nouvelle technique était suffisamment sensible pour être appliquée à des biopsies tumorales fixées et incluses en paraffine. En comparant 28 paires de biopsies congelées et fixées, la concordance des résultats était de 89,3%. Cela permet d’utiliser la technique à la fois pour des études rétrospectives et pour l’inclusion dans de nouveaux essais cliniques, explique le Dr Ruminy.

Dans une série de 135 patients diagnostiqués entre 2001 et 2011 et traités par chimiothérapie + rituximab (MabThera*, Roche), les différences de survie globale et de survie sans progression ont été confirmées avec une moins bonne évolution pour le sous-type ABC.

Ce test, rapide à implanter, pourrait être utilisé pour stratifier les patients dans les essais prospectifs et ainsi faciliter le développement de thérapies ciblées dans ce cancer hématologique, suggèrent les auteurs dans leur publication.

Ces travaux ont été financés par l’Institut national du cancer (Inca), le comité Seine-Maritime de la Ligue nationale contre le cancer, les associations Agir avec Becquerel pour la vie et Gefluc, et le consortium Calym.